Nouveaux contrôle technique

    

Automobile : en mai 2018, le contrôle technique fait sa révolution !

Les nouvelles règles de ce contrôle technique version 2018, correspondent en réalité à une requête des instances européennes qui remonte à il y a plus de 7 ans : notre pays est tenu depuis 2014 d’obéir à un texte édicté par le conseil européen, et qui exige un niveau de contrôle technique nettement supérieur à ce qui existe aujourd’hui pour les véhicules. Le but de cette mesure est d’abord d’améliorer la sécurité des véhicules au niveau des équipements et de l’entretien, mais aussi d’aboutir à terme à une harmonisation des règles à ce niveau là, pour tous les pays de l’Union Européenne.

Le premier des changements exigés par l’UE, et pas des moindres, c’est le passage de 124 points de vérification lors d’un contrôle technique lambda en France aujourd’hui, à 400 points dès le 1er mai 2018 ! « Cela ne signifie pas obligatoirement que les automobilistes devront passer plus de contre-visites, ce qui est leur inquiétude majeur aujourd’hui face à ces changements », explique un directeur de centre Feu Vert« La réalité d’un contrôle technique aujourd’hui, c’est que de toute façon les professionnels, en vérifiant les 124 points obligatoires, jettent de toute façon un œil et contrôlent déjà une grande partie des 276 autres points mentionnés par la nouvelle directive européenne. En clair, le contrôle sera similaire à peu de choses près, mais il coûtera en revanche plus cher parce qu’il faudra derrière effectuer davantage de travail administratif pour remplir et certifier tous les papiers demandés. Nous aurons aussi des formations à faire effectuer à nos personnels, puisque les méthodologies imposées par l’Europe ne sont pas les mêmes que celles avec lesquelles nous nous organisons actuellement ; elles regroupent dans un ordre différent les points de vérification demandés ».

Tout cela est vrai, mais malgré tout, un élément permet d’affirmer sans trop de risque de se tromper que le contrôle technique sans contre-visite deviendra malgré tout plus rare et plus difficile à obtenir pour le client : c’est l’instauration d’un niveau supplémentaire dit « de défaillance » : aujourd’hui, la France en a deux, l’Europe en veut 3. Il y a pour l’instant le niveau 1, de défaillance mineure, qui ne requière pas de contre-visite et permet la validation malgré tout du contrôle technique ; et il y a le niveau 2 de défaillance majeure qui exige une contre-visite avant validation du CT. A partir du mois de mai 2018, ces niveaux seront maintenus pour le 1 et le 2 mais précisés, avec 136 points pour le niveau « défaillances mineures » sans obligation de contre-visite, et 366 points pour le niveau « défaillance majeure », points qui, s’ils ne sont pas cochés par le professionnel, nécessiteront donc une contre-visite dans les deux mois. Sachant que la contre-visite ne devra plus se contenter de vérifier le point défaillant, mais à nouveau, l’ensemble du circuit

Surtout, un troisième niveau dit de « défaillance critique » sera imposé dans un peu plus de deux mois, qui reposera sur 146 points et débouchera sur une immobilisation automatique du véhicule. Par exemple : fuite de liquide, pneus lisses, rouille de certaines parties métalliques essentielles au bon fonctionnement de la voiture, et autres critères que l’UE a estimés indispensables à la sécurité. S’il veut pouvoir continuer à rouler, le propriétaire du véhicule pointé pour une ou plusieurs « défaillances critiques » se verra apposer un macaron de signalisation sur le pare-brise et devra obligatoirement faire réparer sous 24 heures par un professionnel de l’entretien automobile ou un équipementier habilités. Si, sans avoir fait réparer son véhicule, le conducteur continue à rouler, il risque d’être verbalisé à hauteur de 135 euros, et en cas d’accident, son assurance ne pourra pas fonctionner et les responsabilités comme les frais seront à 100% à sa charge« L’objectif de cette troisième catégorie, dite de défaillance critique, c’est d’encourager les conducteurs à se séparer de leurs épaves et de racheter un nouveau véhicule, avec éventuellement des aides de l’Etat », explique un chercheur en sécurité routière et prévention des risques de l’Université d’Angers. « C’est difficile à accepter quand cela vous arrive, mais ce sera indéniablement profitable à la collectivité et à la sécurité de tous ».

Les professionnels du secteur automobile réalisant les contrôles techniques devront enfin s’équiper de nouveaux appareils servant à contrôler les niveaux d’émissions de gaz : il faudra désormais contrôler les échappements de 5 gaz différents et vérifier qu’ils sont aux normes européennes. Pour s’équiper, les centres de CT auront 4 ans, cela devra donc être fait d’ici 2022. En revanche, dès la fin de l’année (début 2019), de nouveaux tests à la pollution seront instaurés. Cela fait suite au dieselgate : pour les véhicules à essence comme pour les diesel, le contrôle devra prendre en compte la présence -ou non- d’un filtre à particules.

Les changements seront donc globalement assez lourds à la fois pour les centres automobiles et pour les clients, avec un niveau d’exigence plus élevé, donc des personnels plus qualifiés, des temps d’immobilisation des véhicules allongés et un tarif revu à la hausse en conséquence. D’autant que, plus le nombre de points à vérifier augmente, plus le contrôleur engage sa responsabilité, et cela aussi, ça a un prix ! De 50 à 80 euros aujourd’hui, il pourrait passer à 100, voire 150 euros, avec en bonus un taux de contre-visite estimé à +20%, en moyenne, selon les professionnels. La contre-visite, qui reviendra à refaire un contrôle technique dans sa globalité de A à Z, pourrait aussi devenir payante.

L’autre conséquence de ce nouveau contrôle technique mis en place dans 2 mois et demi, c’est l’évolution du métier : les inspecteurs techniques devront être titulaires d’un Bac Pro dans la spécialité, et non plus du simple CAP. Ils seront en conséquence mieux rémunérés… ce qui, là encore, sera forcément répercuté sur la facture finale pour le client.